
/ Guerre de Classe / A l’heure où toutes les pleureuses du néo-campisme crypto-étatique entonnent leur sempiternel youyou pour célébrer le mythe frelaté de la « Révolution du Rojava », attaquée par le gouvernement central de Damas (une énième version de « La Patrie [libertaire] en Danger » !?) dans un vulgaire règlement de comptes entre fractions bourgeoises, deux textes courageux ont été publiés récemment, et qui se situent clairement en porte-à-faux de cette macabre imposture. C’est donc avec joie que nous les republions sur notre blog, où le lecteur intéressé par le développement de cette critique essentielle du nationalisme de gauche et du projet de réforme du capitalisme pourra trouver d’importantes contributions accumulées depuis 2014.
A titre d’exemple, voici par exemple ce que nous publiions déjà à l’époque :
L’histoire des luttes de classe foisonne d’une multitude d’impostures ; une des dernières en date, après l’imposture sandiniste au Nicaragua, étant celle qui sévit depuis une vingtaine d’années et qui agite le bocal du petit milieu gauchiste et altermondialiste en mal d’exotisme, nous voulons parler de l’imposture zapatiste au Chiapas. D’autres impostures très célèbres jalonnent notre histoire, impostures creusées dans notre chair, la chair de nos frères et sœurs révolutionnaires qui sont tombés sous les coups des exploiteurs et de leurs sbires, impostures édifiées sur la répression de nos mouvements de lutte, de nos tentatives d’abolition de l’état des choses existant, de l’ordre actuel, de l’ordre capitaliste.
Ils n’étaient en effet pas lourds dans les années 1920 à dénoncer l’imposture du « paradis socialiste », le mythe de la « patrie du prolétariat », le « mensonge déconcertant » du « socialisme dans un seul pays », de « l’avenir radieux » et de « la société harmonieuse » ; il y eut peu d’Otto Rühle et de KAPD pour dénoncer toute cette mascarade. C’est par convois entiers que d’imposantes délégations d’intellectuels, de journalistes, de cadres militants, de syndicalistes débarquèrent en URSS pour voir de leurs yeux vus toute cette « beauté », puis repartirent chanter les louanges de ce nouveau « régime révolutionnaire ».
Puis ce furent la Chine, l’Albanie, le Vietnam, Cuba… qui servirent de modèle à des générations d’idiots utiles qui crurent qu’un simple ravalement de façade en rouge suffirait à faire disparaître la misère et l’exploitation. Il n’y a pas de pire aveugle, de pire sourd que celui qui ne veut pas voir, ne pas entendre. Il n’y a pas de pire social-démocrate, et donc de partisan de l’ordre capitaliste, que celui qui considère de simples réformes (toutes « radicales » qu’elles puissent apparaître) comme l’essence d’un processus révolutionnaire qui devra en fait transformer la société et l’être humain de fond en comble sur les ruines du monde ancien, du monde de la valeur, de la marchandise, du travail salarié et de l’argent.
Si nous mettons l’accent sur toutes ces impostures qui ont vidé la substance subversive des mouvements réels de lutte de notre classe, nous tenons évidemment à ne pas amalgamer ces derniers avec les structurations idéologiques qui parlent en leur nom, qui prétendent les représenter, mais qui en dernière instance n’ont d’autre souci que de les encadrer, de les récupérer et donc de les liquider. Nous ne confondons pas le mouvement social connu sous le nom de la « Commune de Paris » et le gouvernement qui prit le même nom, nous ne confondons pas non plus le processus révolutionnaire qui se développa durant la vague de lutte des années 1917-21 en Russie, en Ukraine, en Allemagne, en Hongrie, etc. avec les différents partis et syndicats sociaux-démocrates, libertaires, bolcheviks ou autres, bref tous ces partis bourgeois à destination du prolétariat, qui n’ont eu de cesse que de renforcer et d’élargir les limites et les faiblesses de nos luttes. De la même façon, et sans pour autant considérer toutes ces luttes de notre classe comme étant d’une importance égale et comparable, nous ne confondons pas l’EZLN avec la lutte des prolétaires agricoles au Mexique, ni le PKK/PYD avec la lutte au Kurdistan.
Et pour terminer cette brève introduction, citons les camarades du GARAP qui à la même époque affirmaient ceci :
Ceux qui de nos jours sont tentés de troquer le nécessaire effort de clarification théorico-pratique, que notre époque exige, contre un activisme lourd d’intolérables connivences avec la religion, le nationalisme, le culturalisme, le post-stalinisme, sous prétexte que tout cela respire la sueur, la poudre et le soleil, se creusent des tombes politiques, voire des tombes tout court. Falsificateurs du communisme, bureaucrates impitoyables, crapules mercenaires à la solde du capitalisme, voilà bien les seules et uniques plantes viables sur le terreau de ces combats attrape-nigaud, qui poussent à l’ombre de « la libération nationale », de « la religion des opprimées », du « socialisme du 21ème siècle », du « communalisme » à la sauce PKK. De Cuba au Vietnam, de la Palestine au Rojava, en passant par Managua ou San Cristobal de las Casas, ces plantes carnivores ont toujours su trouver leur engrais dans les foules euphoriques du crétinisme contestataire, en mal de frémissements exotiques. A bon entendeur…
GdC – mars 2026
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